Une recrue du Roussillon dans Police Académie

Par Joëlle Bergeron
Une recrue du Roussillon dans Police Académie

Pascal Gagné, policier à la Régie intermunicipale de police Roussillon depuis sept mois, est un des trois étudiants en vedette dans le long métrage documentaire Police Académie portant sur le parcours de formation pour devenir policier.

Pendant trois ans, la réalisatrice Mélissa Beaudet a braqué les projecteurs sur Claudie, Lou et Pascal alors qu’ils effectuaient leur dernière année d’étude au cégep de Maisonneuve à Montréal. Elle les a ensuite suivis à l’École nationale de police du Québec à Nicolet, puis sur la route lors de leurs premières patrouilles.

«J’ai choisi ces trois candidats parce qu’ils me permettaient de montrer une belle diversité», indique Mme Beaudet, ex-résidente de Delson.

«Pascal ne faisait pas partie du casting initial, mais durant la première journée de tournage qu’on a fait à l’initiation, mon regard n’arrêtait pas de se poser sur lui, dit-elle. Je le trouvais tellement intrigant que je lui ai demandé d’embarquer. D’ailleurs, sa courbe à lui est vraiment intéressante.»

En entrevue, Pascal avoue avoir beaucoup évolué et grandi durant le tournage. Il confie par contre avoir trouvé les dix premières minutes du film pénibles à regarder.

«Au début, j’ai 19 ans et je suis le stéréotype du gars pas de tête avec des gros bras, concède-t-il, sourire aux lèvres. À l’initiation des nouveaux étudiants, je représentais l’autorité, alors je devais avoir l’air d’un crinqué. Heureusement, on me voit ensuite prendre de la maturité.»

La formation est-elle adéquate?

Avec son documentaire, la réalisatrice de 33 ans a eu envie de répondre à cette question.

Ébranlée par les événements entourant la mort de Mario Hamel, cet itinérant schizophrène atteint d’une balle policière en 2011, Mme Beaudet s’est beaucoup questionnée sur la formation policière.

Comment enseigne-t-on à garder son sang-froid et à faire preuve d’intelligence, de sensibilité et de jugement lorsqu’on fait face à une situation tendue? Les policiers sont-ils prêts, à la sortie des bancs d’école, à gérer quotidiennement la détresse humaine?; Ce sont des questions à la base du documentaire.

«Aujourd’hui, je peux dire que la formation est bonne, affirme Mme Beaudet. Je pense que le jugement est quelque chose qui s’acquiert, mais la formation donne de bons outils pour le premier jour de travail.»

«Après, comme les policiers sont en quelque sorte des travailleurs autonomes, c’est à eux de peaufiner leurs apprentissages», complète-t-elle.

Constat que le policier de 22 ans endosse.

«Tu ne peux pas être prêt à tout, dit-il d’emblée. C’est sûr que tu vas faire des erreurs en commençant, mais il faut aussi avoir l’humilité de les reconnaître et de savoir demander de l’aide quand c’est nécessaire.»

Recherche d’emploi

Dans Police Académie, Pascal est le seul qu’on ne voit pas dans dans son milieu de travail parce que sa recherche d’emploi a pris plus de temps que ses deux acolytes.

«Mon parcours est très représentatif de la réalité, estime-t-il. Je suis allé cogner à plusieurs portes avant d’obtenir un poste, mais j’étais prêt à aller à la première place où on m’offrirait un badge.»

Depuis qu’il porte l’uniforme du Roussillon, l’agent dit avoir le sentiment du devoir accompli. «C’est surréel. Je souhaite à tout le monde de faire une job qui les passionne autant que la mienne», conclut-il.

 

Diffusion à la télévision

Police Académie sera diffusé sur les ondes d’ICI RDI le 16 janvier, à 19h30, dans sa version intégrale. Afin de poursuivre et d’approfondir les réflexions suscitées par le film, un webdocumentaire sera mis en ligne même jour sur ICI.Radio-Canada.ca.

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