VIDÉO – La gradation de cartes de collection à son apogée

Par Katherine Harvey-Pinard
VIDÉO – La gradation de cartes de collection à son apogée
Daniel Rock de ACA Certification. (Photo : Le Reflet - Denis Germain)

La seule compagnie à faire de la gradation de cartes de collection au Québec, ACA Certification, se trouve à La Prairie. Et elle est débordée plus que jamais depuis le début de la pandémie. Daniel Rock, un des deux propriétaires, passe 6 à 7 heures par jour à étudier des cartes dans leurs moindres détails.  

L’entreprise achetée il y a quatre ans par M. Rock et Marie-France Beaumier propose également des services d’authentification de signatures, d’encadrement sur mesure et d’organisation d’encans silencieux. Avant la pandémie, tout au plus 4 à 5 heures par jour étaient consacrées à la gradation de cartes, un service qui «a toujours bien été, mais n’était pas celui qui marchait le plus», révèle M. Rock. La dernière année a tout changé.

«Le nombre de collectionneurs a probablement quadruplé, si ce n’est pas plus que ça», révèle-t-il.

Daniel Rock et Marie-France Beaumier ont acheté ACA Certification il y a quatre ans. (Photo: Le Reflet – Denis Germain)

Plusieurs facteurs expliquent ce soudain engouement pour la gradation de cartes, principalement celles de hockey, affirme le Laprairien. Entre autres, la sélection d’un Québécois, Alexis Lafrenière, au premier rang du repêchage de 2020 de la Ligue nationale de hockey.

«Il y a eu énormément de publicité autour de lui, par rapport aux cartes et tout, souligne M. Rock. Les gens se disent: ah oui, les cartes de hockey ça marche encore? Plusieurs ne s’en doutaient pas.»

Les grosses compagnies de gradation ont été débordées, ajoute-t-il.

«Leurs délais sont rendus à plus d’un an pour le service régulier. Ça s’est répercuté sur nous», fait-il savoir.

Le délai pour faire évaluer des cartes par ACA Certification est maintenant de 4 mois, alors qu’il n’était auparavant que de quelques jours.

«Notre quantité de gradation a augmenté probablement de 1 000% depuis la pandémie.»

-Daniel Rock

Les critères

La plupart des collectionneurs font grader leurs cartes dans l’objectif de leur donner de la valeur, explique M. Rock.

«Dans le domaine, il y a beaucoup de contrefaçon, de carte fausses. C’est presque une carte sur deux, surtout dans le cas des cartes de Wayne Gretzky ou Bobby Orr, par exemple. Les gens veulent s’assurer que leur carte est authentique. Quand elle est gradée, elle prend énormément de valeur. Une fois qu’elle est évaluée, ils ont l’esprit tranquille. Ils peuvent la vendre ou l’échanger.»

Toutes les cartes sont mesurées et contrôlées à la loupe, au microscope et même sous lumière UV au besoin, puis notées sur 10 selon quatre critères. D’abord, les coins, puis la surface; «on regarde si la carte a été pliée, si elle a des taches ou des grafignes», fait savoir M. Rock. Ensuite, les rebords «pour voir s’il y a des scratchs». Finalement, le centrage de l’image.

«C’est assez rare qu’on a des 10 sur 10, admet Daniel Rock. C’est le cas pour à peu près une carte sur 300.»

«Parfois, on va avoir entre nos mains des cartes qui valent 50 000$, poursuit-il. On peut grader des cartes recrues de Wayne Gretzky à 8 ou 8,5 par exemple, mais même là, elles valent 25 000 à 30 000$. C’est rendu assez commun. Nous, on charge le même prix peu importe combien elle vaut. Je mets le même temps sur chaque carte.»

Un bon gradeur

Il n’existe aucune école pour apprendre à évaluer des cartes. C’est avec l’expérience qu’une réputation se bâtie.

«Les gens qui ont un œil de gradeur font tous la même chose, soutient Daniel Rock. Ils envoient beaucoup de cartes aux grosses compagnies de gradation et ils font leurs prédictions. Quand les cartes reviennent, ils regardent s’ils avaient raison ou pas.»

La communauté des collectionneurs a son mot à dire.

«Souvent, les gens vont te tester. Ils vont t’envoyer des cartes, briser le boîtier, les envoyer chez les grosses compagnies et voir si ça revient avec les mêmes notes», confie-t-il.

L’Anti expo

ACA Certification organise son exposition Anti expo, un salon de collectionneurs au Stade IGA à Montréal, deux fois par année. Les trois derniers ont dû être annulés, mais l’entreprise espère que celui d’octobre prochain aura lieu.

«Les gens de partout viennent exposer, acheter échanger des cartes», résume M. Rock.

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