VIDÉOS – Un chandail du Rocket aux enchères à Delson

Par Katherine Harvey-Pinard
VIDÉOS – Un chandail du Rocket aux enchères à Delson
Selon Marc Juteau, le dernier chandail comme celui-ci à avoir été vendu par une maison d’encan américaine a rapporté 50 000$ US. (Photo : Le Reflet - Denis Germain)

Pas moins de 1 200 items se retrouveront aux enchères lors du prochain encan de Classic Auctions, le 25 septembre. Du lot, un jersey que tout amateur de hockey rêverait un jour d’avoir en sa possession : celui porté par Maurice «Rocket» Richard lors du match des étoiles de 1950.

Classic Auctions est la seule maison d’encans spécialisée dans le marché du hockey au Canada. Dans les locaux de l’entreprise située à Delson s’entassent des centaines d’objets ayant marqué l’histoire du sport. Y mettre le pied, c’est faire un retour dans le temps et replonger dans les moments sportifs qui ont fait lever les foules.

Selon le propriétaire, Marc Juteau, le dernier chandail comme celui-ci à avoir été vendu par une maison d’encan américaine a rapporté 50 000$ US.

«Il n’y a que très peu de chandails portés par Maurice Richard. Pour les collectionneurs, c’est majestueux», affirme-t-il.

L’autre chandail de Maurice Richard, également chez Classic Auctions.

Chez Classic Auctions, il y en a deux. L’autre, dont les trous sur le tissu font foi de la hargne du numéro 9, a été porté par la légende dans les années 1950. Par le passé, M. Juteau en a vendu un pour la somme de 150 000$ US.

«Il y a une roue qui tourne au sein du cercle des collectionneurs de haut niveau, explique-t-il. Les gens les gardent pendant un certain nombre d’années. Puis, à un moment donné, plusieurs, sinon la majorité, finissent par vouloir s’en départir pour laisser la chance à quelqu’un d’autre de les avoir.»

«C’est la fierté d’en avoir possession pendant un certain temps», ajoute l’homme de 47 ans.

25 ans, 50 000 objets

Classic Auctions a vu le jour il y a 25 ans. Marc Juteau, âgé de 20 ans à l’époque, empruntait de l’argent à sa mère afin d’acheter des items historiques. Il se souvient notamment avoir mis aux enchères un bâton utilisé par Aurèle Joliat avec les Canadiens en 1929.

«Quand j’ai parti mon entreprise, personne ne voulait mettre des objets en consignation parce que je n’avais pas fait mes preuves, raconte celui qui se décrit comme un fervent amateur de l’histoire du hockey. Je me devais d’acheter tous les items pour créer un encan.»

Aujourd’hui, d’anciens joueurs ou leur famille le contactent lorsqu’ils sont prêts à vendre les objets qui ont marqué leur vie. Ç’a été le cas pour la famille d’Henri Richard et celle de Maurice Richard, ainsi que pour Bob Gainey et Luc Robitaille eux-mêmes cette année. Dans certains cas, le démarchage peut prendre des années.

«Pour certains joueurs, les souvenirs sont très importants, mais ils n’attachent pas une grande importance aux objets matériels. C’est du cas par cas», dit M. Juteau.

En 25 ans, l’entreprise a mis pas moins de 50 000 objets aux enchères. Elle détient d’ailleurs le record Guinness de la plus grande enchère pour un chandail de hockey de valeur historique; il s’agit de celui porté par Paul Henderson lorsqu’il a inscrit le but gagnant du match ultime de la série contre l’URSS en 1972. Il a été vendu 1,3 M$.

«Je me considère chanceux de pouvoir gagner ma vie en faisant ça.»

– Marc Juteau

Filtrage et authentification

Classic Auctions organise trois gros encans par année. Chacun d’entre eux dure un mois, mais nécessite quatre mois de préparation à l’équipe de 10 employés.

Cette bague de la Coupe Stanley appartenait à Jacques Laperrière, assistant-entraîneur avec les Canadiens de Montréal lors de leur conquête de 1993.

Des gens de partout dans le monde, principalement de l’Amérique du Nord, y participent. L’entreprise s’assure de filtrer les nouveaux abonnements, afin que tous ceux qui y prennent part soient des acheteurs sérieux.

Lorsqu’un particulier contacte l’entreprise pour mettre en vente un item de sa collection, l’équipe de Classic Auctions se charge d’en évaluer la valeur. Elle procède également à un travail d’authentification.

Aujourd’hui, l’entreprise ne fonctionne que par consignation: elle signe une entente en bonne et due forme avec le consignataire et obtient une commission sur chaque item vendu.

Record de mises

Marc Juteau et son équipe n’avaient aucune idée, lorsque le gouvernement a mis le Québec sur pause en mars, que Classic Auctions s’apprêtait à connaître une période très achalandée.

Ce casque a été utilisé par Jacques Villeneuve à sa première année avec Rothmans, en 1996, au tout début de sa carrière.

«On a dû renvoyer tout le monde à la maison. À ce moment-là, on avait l’encan de Bob Gainey qui était en pleine production. Avec tout ce qui se passait, on a considéré reporter l’encan», se souvient le propriétaire.

«Finalement, en vérifiant le marché, on voyait qu’il y avait une effervescence aux États-Unis et on a décidé d’aller de l’avant avec notre encan de printemps», poursuit-il.

Cet encan s’est avéré le meilleur des 10 dernières années pour l’entreprise, qui a connu un record de mises et a reçu plusieurs nouvelles demandes d’enregistrement.

«Il n’y avait plus de sport. C’était peut-être une façon pour eux d’assouvir leur passion sportive», lance-t-il.

Argent américain

Tous les items de Classic Auctions sont vendus en argent américain.

«Si je le faisais en argent canadien, je ne pourrais pas opérer une entreprise dans ce domaine-là, explique Marc Juteau. Tous les gens qui veulent vendre leur stock le donneraient à des entreprises américaines pour avoir la différence d’argent.»

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