Billet d’humeur : Ces inconnus sur notre chemin

Billet d’humeur : Ces inconnus sur notre chemin

Un homme marchant dans une forêt.

Crédit photo : Pixaby

Quelle importance accordez-vous à des inconnus?

Au couple dans la fin trentaine que j’ai croisé sur le boulevard Marie-Victorin, à Sainte-Catherine, vendredi matin. Vers 8h30. Merci d’avoir mis de la joie dans ma journée.

J’étais la voiture devant la vôtre à l’arrêt de la rue du Collège. Madame était au volant. Monsieur prenait place du côté du siège passager.

Madame a activé ses essuie-glaces au moment où j’ai fait mon stop. Et Monsieur a immédiatement suivi leur mouvement. Se balançant de gauche à droite. Madame l’a imité brièvement. Dans un duo de ballet.

Vous avez ri. Dans un beau moment de complicité. De douce folie. Et moi j’ai souri en vous regardant dans mon rétroviseur. Séduite par ce moment complètement inattendu. Un peu surréaliste.

J’ai repensé à vous à plusieurs reprises chemin faisant jusqu’au travail. Et à quelques reprises durant ma journée. Et chaque fois, je me remettais à sourire. Bêtement. Sécrétant je ne sais quelle hormone de joie, de bien-être. Vous m’avez fait du bien. Avec presque rien.

«L’essentiel de la vie sont les êtres que l’on rencontre sur son chemin.»

-Anonyme

Ça m’a rappelé la fois où les deux hommes habillés de la tête aux pieds en lycra coloré couraient sur le boulevard Saint-Laurent.

C’est pourtant tellement le contraire qui arrive normalement au volant. On s’emporte – voire on s’enrage – souvent contre les autres automobilistes. Pour ma part, j’ai décidé depuis longtemps de ne plus m’en formaliser. À tout le moins, de ne pas laisser la colère m’envahir plus que quelques instants. Dans le contraire, je me répète que cette personne que je ne connais pas ne mérite pas toute cette attention de ma part.

Ça m’amène à vous raconter la fois où j’ai croisé une collègue qui travaillait au journal Le Soleil à Châteauguay. On était à une intersection à quatre voies. Tu t’en souviens, Lise?

J’ai multiplié les gestes d’impatience pour lui signifier qu’elle devait se dépêcher à passer. En retour, elle m’a fait un doigt d’honneur. J’étais convaincue qu’elle m’avait reconnue!

Ce jour-là, j’étais aussi arrivée au bureau en souriant. Contrairement à elle.

Je lui ai moi-même appris des semaines plus tard que j’étais l’automobiliste qui l’avait faite fâcher. Elle m’a confié qu’elle était arrivée au bureau en colère. N’ayant pas digéré ce qui s’était passé.

J’ai ri encore plus! Parce que ça n’en valait pas la peine!

 

 

 

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