Billet d’humeur : Ne rien planifier

Par Hélène Gingras
Billet d’humeur : Ne rien planifier
Les plans de 2020 de plusieurs personnes sont tombés à l'eau. (Photo : Depositphotos)

Qu’est-ce qui vous irrite le plus présentement de la pandémie?

Il y a des jours que je cherche. Parce que, oui, il y a quelque chose qui m’agace. Et je viens enfin de mettre le doigt dessus. Alors que la deuxième vague s’amorce. À cause de celle-ci.

À la fin de l’hiver, quand le foutu virus a enveloppé le globe terrestre au grand complet, je ne pouvais pas regarder les publicités montrant du sable blanc ou des palmiers à la télévision. Sans avoir envie de pleurer.

J’avais vite réalisé qu’il faudrait des semaines, voire des mois, avant que je retrouve ce décor. La peine est venue tout de suite. La résilience dans les semaines suivantes.

Puis, on a été figé dans le temps. Confinés pendant un moment. Ça aide à se faire à l’idée qu’on ne peut pas voyager.

Depuis, je m’accroche à mon dernier périple dans le Sud. À ce tout-inclus parfait. Déjà en débarquant de l’avion, il y a un an, je me disais qu’il en faudrait du temps pour que je revive une expérience aussi extraordinaire. Si seulement j’avais su…

Comme tout le monde, cet été, je m’étais fait à l’idée de passer des vacances au Québec. À la maison. Dans un chalet. Dans les Laurentides. À découvrir ou redécouvrir les charmes de la Belle province. Ou d’un café dégusté sur ma terrasse.

En fin de semaine dernière, je me suis trouvée dans un chalet assez grand pour coucher 15 personnes. Alors que nous étions deux. Parce que je devais transporter la couleur de ma zone – rouge – même si j’en sortais. Y adopter les mêmes comportements. Comme l’avait décrété notre gouvernement quelques jours plus tôt.

Pas d’arrêt pour mettre de l’essence. Ni pour aller à l’épicerie. De la maison en Estrie d’un trait. Évidemment que si nous avions su, nous n’aurions pas loué un chalet aussi grand.

C’est ça l’affaire avec la COVID-19. Non seulement tous nos gestes sont désormais comptés, mais on ne peut plus rien planifier. Parce que tout peut changer soudainement. Impossible de se projeter en avant.

J’ai réservé un autre chalet à la mi-novembre avec un autre couple. Est-ce qu’on pourra s’y rendre? Ou faudra-t-il tirer à la courte paille pour déterminer qui en profitera?

Mieux vaut ne plus avoir de plans. Et ça, ça me tue.

«Dans la vie, nous combinons un plan; mais celui-ci reste subordonné à ce qu’il plaira de faire au sort.»

-Arthur Schopenhauer

 

 

 

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