Billet d’humeur : Une vie sauve

Par Hélène Gingras
Billet d’humeur : Une vie sauve
Enlever les griffes d’un chat équivaut à lui amputer la dernière phalange de ses pattes. (Photo : Pixabay)

Vous souvenez-vous de la chatte qui a accouché dans une haie chez mes parents?

Je vous en avais parlé il y a quelques semaines. J’avais aidé ma mère à la capturer avec sa portée de sept chatons à la mi-août. On les avait amenés à la SPCA Roussillon pour qu’ils leur donnent une deuxième chance.

J’étais passée le lendemain. Pour avoir des nouvelles. J’avais appris qu’un chaton avait dû être euthanasié. On m’avait dit que le même sort guettait la chatte parce qu’elle était sauvage. Que ses rejetons allaient être sevrés autrement. Ça m’avait mise à l’envers; je ne souhaitais pas sa mort en posant ce geste. J’avais même offert de défrayer les coûts de sa stérilisation pour qu’elle puisse être relâchée dans la nature. Je n’avais pas eu de suivi.

Quand je vous avais raconté cette mésaventure, plusieurs personnes m’avaient ensuite écrit pour dénoncer ce traitement. C’est pourquoi je me sens responsable de vous faire un suivi. Parce que le dénouement est tout autre de celui qui se dessinait.

Il y a deux semaines, j’ai reçu un coup de fil de la SPCA Roussillon. Pour récupérer la chatte et payer les frais de sa stérilisation. À ma grande surprise, elle n’a finalement pas été euthanasiée. Ni séparée de sa portée qu’elle a pu sevrer comme il se doit. Un deuxième chaton a cependant dû être euthanasié.

J’avais 24 heures pour aller la récupérer. On m’a conseillé de la relâcher dans son milieu de vie pour qu’elle ne soit pas désorientée. C’est-à-dire où elle avait été trouvée. Soit chez mes parents. On m’a expliqué qu’il fallait idéalement lui construire un abri de fortune pour l’aider à survivre. Lui offrir de l’eau et un peu de nourriture.

On a tout prévu. Puis, j’ai relâché la chatte dans la cour après lui avoir permis de se réapproprier les odeurs. Après être sortie de la cage de transport, elle s’est mise à marcher prudemment dans le gazon. En jetant un œil à gauche et à droite. Devant et derrière, vers nous. Comme si elle n’en revenait pas d’être de retour à cet endroit après tout ce temps. Je l’ai filmée. Puis, elle a sauté la clôture avant de disparaitre chez le voisin.

Mes parents ne l’ont pas revue depuis. J’ai cependant vu des traces de pattes de chat dans la neige ce week-end.

«Toute vie véritable est rencontre.»

-Martin Buber

Vidéo lorsqu’elle a été relâchée

https://www.dailymotion.com/video/x7o8iap

 

 

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