Elle déniche un nouveau mode de vie en friperie

Par Vicky Girard
Elle déniche un nouveau mode de vie en friperie
Caroline Bellerose ne ressent plus d’attachement aux biens matériels depuis qu’elle n’achète que très peu de choses neuves. (Photo : Le Reflet - Denis Germain)

La vie de Caroline Bellerose a complètement changé lorsqu’elle a décidé de troquer les vêtements et objets neufs pour des articles de seconde main, il y a environ 7 ans. Celle qui avait des préjugés envers les friperies y consacre maintenant son quotidien en y magasinant, en y faisant du bénévolat et en bloguant à ce sujet.

La Candiacoise dit agir ainsi pour son portefeuille, mais aussi par conscience environnementale et sociale.

«Au début, j’allais dans les friperies parce que ce n’était pas cher et que j’y trouvais des trésors. Je me sentais comme Aladdin, blague-t-elle. Maintenant, c’est devenu une bonne action.»

De l’achat de vêtements au départ, elle se procure désormais de tout, notamment de la vaisselle et des décorations.

Quand les gens lui disent qu’ils veulent donner leurs vêtements «aux pauvres», elle s’efforce de leur expliquer que d’acheter en friperies est aussi une façon d’aider ceux qui sont moins bien nantis, car les revenues permettent de financier des banques alimentaires ainsi que des programmes d’aide d’organismes à but non lucratif comme le Complexe le partage à Saint-Constant et à La Prairie ou la Corne d’abondance à Candiac, où elle donne de son temps.

Économies

Mme Bellerose admet qu’elle dépensait des milliers de dollars en articles de toutes sortes. Elle pouvait facilement débourser 300$ pour une robe de soirée qu’elle ne portait qu’une seule fois.

«Maintenant, si je paie 12$ pour une robe, c’est qu’elle est exceptionnelle!» s’exclame celle qui possède plus de 80 robes de seconde main.

Depuis 7 ans, elle ne dépense pas plus de 20$ en visitant une friperie par semaine. Mme Bellerose connaît toutes celles de la Rive-Sud.

«Je ne me souviens pas la dernière fois où je suis allée dans un magasin. Et pourtant, j’ai une garde-robe beaucoup plus fournie et qui contient plein de morceaux de marques reconnues», laisse-t-elle savoir.

Elle ajoute avoir été estomaquée quand elle a appris que 85% du textile au Québec est jeté.

«Assez de vêtements ont été fabriqués. Pas besoin d’en faire plus pour moi», s’est-elle dit.

Mode de vie

Pour la femme de 49 ans, ne plus magasiner du neuf est devenu un mode de vie satisfaisant. Surtout quand elle trouve des objets utiles au quotidien, mais elle admet que son entourage a jugé son nouveau mode de vie.

«Mes parents pensaient que j’avais besoin d’argent parce que je m’habillais avec des vêtements de seconde main. Mon père disait que c’était des guenilles», raconte-t-elle.

Mme Bellerose elle-même dit qu’elle avait des préjugés.

«Je n’osais tellement pas aller en friperie. J’avais l’impression qu’une alarme se déclencherait à la porte quand j’y entrerais, car je ne suis pas pauvre», confie-t-elle.

Celle-ci a donc décidé de faire du bénévolat d’abord, ce qui a brisé tous ses préjugés.

«Je suis mieux habillée que je l’ai été de toute ma vie et ça me coûte à peine 10% de ce que je payais avant.»

-Caroline Bellerose

À sa grande surprise, les gens dans le besoin semblent encore plus réticents à magasiner des articles usagés.

«Ils ont peur d’être étiquetés», a-t-elle constaté.

Mme Bellerose a réussi à influencer des patients au CLSC où elle a travaillé en leur montrant ses propres trouvailles et en donnant l’exemple. Son voisinage, son entourage professionnel et sa famille ont aussi suivi le mouvement.

Vie de friponne

Il y a un an, Mme Bellerose a quitté son emploi d’infirmière. Elle a saisi cette occasion pour lancer son blogue, Vie de friponne, qui lui permet de partager son expérience. Elle a eu l’idée, car elle trouvait elle-même peu de ressources québécoises lorsqu’elle a commencé sa chasse aux aubaines dans les friperies. Elle ne trouvait que des sites Web européens ou américains.

La blogueuse souhaite conscientiser ses lecteurs, mais dit ne pas trop se prendre au sérieux. Elle s’informe tout de même pour que sa passion devienne un gagne-pain éventuellement, notamment grâce à des revenus publicitaires. Chacun de ses articles est lu par environ 250 personnes.

Palmarès de ses trouvailles

-Bottes d’équitation d’une valeur de 400$ achetées 20$;

-Robe d’une valeur d’au moins 300$ payée 4$;

-Poêles d’une valeur de 50$ chacune trouvées à 11$ pour deux;

-Six napperons d’une valeur de 6$ chacun achetés à 5$.

 

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Marieclaude
Guest

J’ai beaucoup de vêtements moi aussi à tellement bon prix mais personnes ne m’a appelé