La Clé des mots a changé sa vie à 71 ans

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Par Audrey Leduc-Brodeur
La Clé des mots a changé sa vie à 71 ans
(Photo : Le Reflet - Audrey Leduc-Brodeur)

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Il n’est jamais trop tard pour apprendre à lire et à écrire en français correctement, puisque Giuseppe Schiavone en est la preuve. À 71 ans, le Sainte-Catherinois s’est développé une assurance en public qu’il ne soupçonnait pas grâce aux cours de l’organisme d’alphabétisation la Clé des mots à Saint-Constant.
Celui qui a immigré au Québec à l’âge de 8 ans a quitté les bancs d’école 7 ans plus tard pour entrer sur le marché du travail, sans diplôme d’études secondaires.
«J’ai dû refaire ma 4e année du primaire à quatre reprises parce que j’avais des difficultés d’apprentissage, raconte-t-il. Par la suite, j’ai travaillé dans des domaines où je n’avais pas vraiment besoin d’écrire ou de lire en français.»
Un ami aussi membre à la Clé des mots l’a convaincu il y un an de s’inscrire à des cours de francisation, «même s’il n’en voyait pas la nécessité», confie-t-il.
«Je ne me gênais pas pour écrire des messages sur Facebook ou envoyer des textos sur mon cellulaire parce que je me fiais à l’autocorrecteur, explique-t-il. C’est une fois que j’ai appris la grammaire que j’ai constaté les fautes que je faisais.»
Trois fois par semaine, M. Schiavone rencontre sa formatrice Carole Langlais, qui lui enseigne les homophones, l’orthographe, <@Ri>etc.<@$p>. Ensemble, ils parcourent les journaux, un exercice que le Sainte-Catherinois faisait rarement, puisqu’il ne regardait que les photos.
«J’encourage les personnes qui hésitent à s’inscrire à le faire, car elles vont aussi développer une grande confiance en elles-mêmes. C’est la meilleure chose à faire pour son avenir», assure-t-il.
Passionné par ses nouveaux cours, le septuagénaire s’amuse à tester ses connaissances fraîchement acquises avec des jeux de vocabulaire sur son cellulaire.

«Apprendre le français m’a donné la confiance nécessaire pour attaquer la vie!» -Giuseppe Schiavone

La Clé des mots fête ses 35 ans
50% Plus de la moitié des membres des plus récentes cohortes de l’organisme est immigrante, précise Céline Brière, directrice générale de la Clé des mots.
«Plusieurs d’entre eux ont suivi le cours de français du gouvernement pour être citoyen, mais ils ne sont pas habitués à discuter en français. Ils s’inscrivent parce qu’ils viennent chercher ce contact et cette possibilité d’échanger», explique-t-elle.
70 L’organisme a reçu 70 inscriptions cette année, soit une augmentation de 40% par rapport à 2018, indique Mme Brière. La responsable est fière de s’impliquer dans la communauté, mais craint de ne pas pouvoir répondre à la demande grandissante, reconnaît-il. Trois formateurs réguliers, ainsi que des bénévoles, sont disponibles pour les participants.
Pour souligner son 35e anniversaire, la Clé des mots tiendra une saynète d’environ 20 minutes dans laquelle des membres tiendront les rôles le lundi 13 mai, à 13h. L’organisme ouvrira également ses portes au public à l’occasion de cette journée pour exposer des œuvres créées par les participants.

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