VIDÉOS – Le Journal visite la carrière à La Prairie

Par Katherine Harvey-Pinard
VIDÉOS – Le Journal visite la carrière à La Prairie
Le scénario idéal» de Luc Poirier est de fixer à 90% la part de basse densité et à 10% celle de haute densité sur l’ensemble du terrain. (Photo : Le Reflet – Denis Germain)

Le propriétaire du terrain de l’ancienne carrière à La Prairie, Luc Poirier, a accepté d’ouvrir les portes du site au Reflet, le 4 novembre. Celui-ci s’est confié sur ce qu’il aimerait y aménager, les enjeux actuels et sa relation avec les citoyens.

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Projet Carrière vivante veut un parc naturel urbain

À l’entrée du site, les camions doivent passer par la pesée. À gauche, on aperçoit les dernières briques de Briques Meridian, vendues progressivement par le nouveau propriétaire des lieux. À droite, se trouve la cabane du gestionnaire du chantier. Puis, le champ s’étend à l’horizon. Sur le terrain, des camions s’affairent. Au loin, se dressent deux rangées de maisons; l’une derrière le sentier du bocage, l’autre sur la rue Bélize.

En entrevue avec le Journal, le promoteur est clair: son «scénario idéal» serait de fixer à 90% la part de basse densité, composée uniquement de maisons unifamiliales dans le secteur de l’ancienne carrière, et à 10% celle de haute densité, près du boulevard Taschereau.

«À l’intérieur de ça, il y aurait des parcs, un lac, des pistes cyclables», énumère le propriétaire d’Acti-Cité, l’entreprise derrière le projet. Dans mon projet initial, j’ai un peu plus de 7 kilomètres de piste cyclable. C’est 50% du total de ce que la Ville possède déjà.»

La piste permettrait aux résidents du district de la Milice de se rendre au Marché des jardiniers à pied ou à vélo, fait valoir le promoteur.

Quant aux immeubles à condos dont s’inquiètent certains citoyens, il n’y en aurait aucun dans le secteur de l’ancienne carrière.

«Ça n’arrivera jamais», assure M. Poirier.

Ceux-ci seront plutôt aménagés dans le secteur des anciens bâtiments de la briqueterie, soit près du boul. Taschereau. Cette route est définie comme un axe de transport structurant.

«Ma famille, mes amis et moi voulons tous vivre ici. On veut un beau projet, dont on sera fiers.»

-Luc Poirier

Statuer rapidement

Le propriétaire espère être en mesure de compléter le remblayage d’ici 7 ou 8 ans. Bien que les consultations citoyennes de la Ville qui visent à décider de l’avenir du terrain se poursuivent, il prévient que le temps presse.

«Le minimum qu’on peut construire ici actuellement, c’est 2 950 unités. À chaque trois ans, avec le Plan métropolitain d’aménagement et de développement (PMAD), la densité est augmentée de deux logements l’hectare. Plus vite on statue sur un zonage, plus vite le nombre d’unités est gelé», explique-t-il.

«Si on retarde trop et que le Réseau express métropolitain (REM) est là, on risque de tomber à 50 logements l’hectare plutôt que 21. On va tomber à 7 000 unités plutôt que 2 950. Là, ce serait des blocs à condos partout», poursuit-il en soulignant que la circulation serait moins impacté s’il y a moins d’unités.

Pas d’industrie lourde

La vocation du terrain passera d’«industrielle lourde» à «multifonctionnelle structurante» dans les prochaines semaines. Une résolution municipale pour combler la période laissée vacante d’ici l’adoption de changement de zonage a toutefois été rejetée par les citoyens. La Ville a donc dû maintenir le Règlement de contrôle intérimaire en vigueur.

L’homme d’affaires ne comprend pas que les citoyens «s’opposent à quelque chose qui, selon lui, est tellement mieux pour eux, soit d’avoir du résidentiel plutôt que de l’industriel».

«Si je commence à bâtir de l’industrie lourde ici, il y aura 2 000 à 3 000 camions par jour. J’ai de la demande pour faire un centre de distribution; imaginez combien il y aurait de camions. En ce moment, les gens s’opposent pour 100 camions, souligne qui précise qu’aucun projet d’industrie lourde n’est dans ces plans. Si le changement de zonage n’avait pas été fait, j’aurais pu, toutefois.»

«Préférez-vous des grosses industries ou des petites maisons autour?» questionne-t-il.

À propos de la décontamination du site, le promoteur fait savoir qu’il a confié le travail à l’entreprise Sanexen, qui est chargée de «surveiller tout ce qui entre sur le site».

Bonnes relations

Après avoir été au cœur d’un litige juridique avec la Ville de La Prairie en 2019, Luc Poirier affirme que sa relation avec cette dernière est «bonne» depuis environ trois mois. Et avec les citoyens, «ça va super bien», dit-il. Il est d’ailleurs allé à la rencontre de plusieurs résidents de la rue Bélize, dont la cour donne sur le terrain de l’ancienne carrière, afin de leur expliquer son projet. Après quoi, douze d’entre eux lui ont dit qu’ils lui achèteraient un lot derrière.

«Je dois leur amener de la terre pour qu’ils puissent se faire une zone tampon», ajoute-t-il.

Nuisances sonores

Au moment où Le Reflet était en visite sur le site de l’ancienne carrière, entre 15h30 et 16h15, aucun bruit ne se faisait entendre, malgré les quelques camions présents.

Au quotidien, c’est en moyenne 100 camions qui entrent et sortent du site chaque jour, selon le propriétaire qui affirme «qu’on entend rien du tout». Cet été, ce chiffre s’élevait à 124.

«Les employés commencent à 6h45, jamais avant, assure celui qui dit utilisé les équipements les plus silencieux du marché. Le temps qu’ils arrivent à leur machine et qu’ils descendent, il est passé 7h. On a dit à la Ville de venir à n’importe quel moment, car on a 24 caméras sur le site. On peut vous montrer qu’on n’a jamais commencé avant 7h.»

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