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Le point sur la situation de l’ancienne carrière à La Prairie

jeudi le 08 octobre 2020
Modifié à 11 h 49 min le 08 octobre 2020
Par Katherine Harvey-Pinard
L’avenir du terrain de l’ancienne carrière à La Prairie continue de faire jaser. Le Reflet s’est entretenu avec le directeur de l’urbanisme de la Ville, Benoît Fortier, afin de faire le point sur la situation. La vocation du terrain passera d’«industrielle lourde» à «multifonctionnelle structurante» d’ici décembre, tel que décidé par le conseil des maires de la MRC de Roussillon, le 30 septembre. Cette nouvelle vocation empêche tout développement industriel sur le site. D’ici à ce que celle-ci soit officielle, la Ville a décidé d’adopter le règlement 1250-44, qui permet d’empêcher le développement industriel. Les résidents ont toutefois amassé suffisamment de signatures – 12 étaient nécessaires – afin qu’il y ait un scrutin référendaire. Face à ce résultat, la Ville a décidé d’abandonner le règlement lors de la séance du conseil le 6 octobre. Q En quoi consiste exactement ce règlement ? R «Il y a deux types de règlement; le régional et le municipal. Le régional n’est pas encore en vigueur, c’est-à-dire que tous les usages industriels sont encore dans nos livres. Quelqu’un peut encore demander un permis pour industrie lourde. Le 6 octobre, la nouvelle affectation a été adoptée, mais avant qu’elle soit mise en vigueur, ça prend du temps. Un coup qu’elle le sera, on aura du temps pour préparer le règlement en concordance à cette nouvelle affectation. Avec le 1250-44, on permettait spécifiquement la réhabilitation du site, point à la ligne. Acti-Cité faisait aussi du concassage pour le béton. C’est tout. Les gens ont voté contre ça.» Q Pourquoi le Règlement de contrôle intérimaire (RCI) 190 est-il toujours en vigueur à ce jour, malgré l’entente avec Acti-Cité de le retirer ? R «Le temps que le tout se concrétise, on laisse un trou béant si on enlève le RCI. Donc, on l’a laissé en place pour continuer à protéger le site d’un éventuel projet d’industrie lourde. Pour enlever le RCI, il fallait protéger la zone quand même. Donc, on a conçu un règlement pour enlever l’industrie lourde, soit le 1250-44. Toutefois, les citoyens ont voté contre. Ainsi, on retire le règlement. En le retirant, ça devient encore dangereux pour l’industrie lourde. On a donc dit à la MRC de laisser faire le règlement abrogeant le RCI et de le maintenir.» Q Dans ce cas, pourquoi Acti-Cité peut-elle continuer à faire du remblayage? R «Il a son certificat d’autorisation et il a une entente avec nous, il peut continuer sans problème.» «On aurait aimé respecter notre entente, mais ça voulait dire qu'on aurait resserré la vis, on l'aurait empêché de faire autre chose que ce qu'il y a dans l'entente. Mais là, on n'a pas pu le faire avec le règlement local, donc on le fait avec le RCI.» Q Qu’est-ce que signifie l’affectation «multifonctionnelle structurante» ? R «Ça peut être autant des parcs, des résidences… Ce n’est pas grave, le pourcentage. On va tout décider ça ensemble dans un programme particulier d’urbanisme. Le nouveau schéma d’aménagement prévoit une latitude. Il ne parle même plus de pourcentage. Il dit simplement qu’on doit respecter les orientations de la vocation multifonctionnelle structurante. C’est vrai que tout est sur la table, mais il y a des coûts reliés à ça. Si les citoyens veulent un grand parc, le propriétaire ne se laissera pas faire et va demander qu’on l’exproprie, ce qui va coûter une fortune. C’est l’équivalent de notre budget annuel. Est-ce que les gens vont vouloir payer des taxes les taxes pour une expropriation de 45 M$ pour un grand parc?» Q Pourquoi n’est-ce pas possible de demander l’affectation «conservation» ? R «Quand on s’adresse à la MRC, il faut arriver avec un cahier qui présente les zones écologiquement sensibles. Il n’y en a pas, sauf des terrains en haut, près du sentier du bocage, que le propriétaire cède à la Ville. Il y a des rainettes à cet endroit. Le ministère de l’Environnement nous l’avait déjà dit et on a mis une pancarte. Il n’y aura pas de construction là. Mais dans le trou, il n’y en a pas de problème. Des rapports de biologie et le ministère le disent. Sinon, ils n’auraient jamais donné les certificats d’autorisation..» Quelle est la suite ? Le directeur de l’urbanisme, Benoît Fortier, répète que toutes les options sont sur la table en vue de la prochaine rencontre avec les citoyens. «Le grand parc va être dans les choix. On peut même mettre 50% de parc, 50% de quartier», dit-il en rappelant néanmoins que la Ville doit respecter le Plan métropolitain d’aménagement et de développement (PMAD). «Le long des voies des axes prioritaires comme le boul. Taschereau, il faut que ça bouge. On est à l’intérieur d’un périmètre urbain. Si on ne densifie pas ce territoire, on va aller jouer dans la zone agricole», fait-il valoir. «Dans le PMAD prévoit 500 000 personnes d’ici 2031, ajoute-t-il. Où est-ce qu’on va les mettre, si on fait des grands parcs près des axes routiers structurants? Il faut mettre du monde là où il y aura du transport collectif.»

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