Des cours d’arts martiaux adaptés aux enfants à besoins spéciaux

Des cours d’arts martiaux adaptés aux enfants à besoins spéciaux

André Langevin et son fils Philippe se sont énormément rapprochés grâce aux arts martiaux.

Crédit photo : Gracieuseté

Père d’un enfant autiste, André Langevin a développé des techniques d’arts martiaux pour les enfants ayant des déficiences intellectuelles ou des besoins spéciaux. Les cours qu’il donne dans la région depuis 2009 sont devenus «une mission, plus qu’une passion».

Ancien membre de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), en Colombie-Britannique, M. Langevin est spécialisé en Kyokushin, un style de karaté. Il compte plus de 30 ans d’expérience en enseignement des arts martiaux de tous genres.

À la suite du diagnostic d’autisme qu’a reçu son fils Philippe lorsqu’il avait 5 ans, sa famille est revenue au Québec afin d’avoir du soutien, non sans difficultés.

«En 2000, il y avait très peu de ressources et d’ouverture, même de la part de parents d’autres enfants», se souvient Nathalie Paré, l’épouse de M. Langevin.

Leur fils n’était pas accepté au camp de jour même avec un accompagnateur à temps plein. Mme Paré a dû s’impliquer en assistant l’entraîneur pour que son enfant joue au soccer et fasse de la gymnastique. Elle s’est aussi battue pour qu’il soit intégré dans une classe régulière à l’école avec une technicienne en éducation spécialisée (TES).

Les bienfaits des arts martiaux

Mme Paré a d’abord initié une de ses deux filles au taekwondo. Puis, M. Langevin s’est joint au même cours avec son fils, âgé de 10 ans à ce moment.

«Les premières fois, les autres élèves ne voulaient pas se battre avec lui, alors je l’accompagnais», dit-il.

Le couple a rapidement constaté les bienfaits du sport chez son fils. Les crises se faisaient plus rares et il interagissait plus facilement avec les autres. Sa coordination et son équilibre se sont améliorés.

Enseigner en connaissance de cause

En 2009, M. Langevin, ceinture noire, s’est dit qu’il pourrait offrir des cours adaptés. Il l’a fait gratuitement avec peu d’élèves pendant presque trois ans. Il a poursuivi avec des cours payants vu la demande élevée.

«Personne ne pourrait comprendre comme moi et dire les choses que je dis aux parents», explique l’enseignant d’arts martiaux.

«Je ne retournerais pas enseigner à des étudiants réguliers. Les cours adaptés sont tellement plus gratifiants.»

-André Langevin, enseignant d’arts martiaux adaptés

Il est d’ailleurs primordial pour lui que les parents soient présents avec leurs enfants aux cours.

«Les parents ne doivent pas se décourager, c’est ça le plus important», ajoute  de son côté Mme Paré.

Alors que les clubs de karaté prennent des élèves à partir de l’âge de 5 ans, M. Langevin les accepte à n’importe quel âge. La plus jeune dans ses cours a 2 ans et demi.

«Pour que ça marche, j’ai développé des techniques adaptées à chaque niveau, chaque condition et chaque élève avec une physiothérapeute et une enseignante de yoga», partage-t-il.

Il ajoute que cela nécessite beaucoup de patience. Les premiers cours débutants peuvent être «bruyants et désarmants».

«J’ai réussi à former des ceintures noires qui sont autistes et qui m’accompagnent pour donner les cours maintenant, c’est incroyable!» lance fièrement M. Langevin.

Son fils, aujourd’hui âgé de 24 ans, en fait partie.

«Ça n’a pas de prix ce que je vis présentement. C’était difficile quand il était petit, mais aujourd’hui, nous sommes toujours ensemble», confie-t-il.

Il ajoute qu’il voit beaucoup de parents et d’enfants avec des besoins spéciaux qui se rapprochent énormément.

«Tu reçois tellement d’amour des gens à qui tu enseignes dans les cours adaptés, ce n’est pas comparable avec les cours réguliers», dit-il.

Un sport adapté en développement

André Langevin est vice-président de l’Association de développement des arts martiaux adaptés (ADAMA). À Montréal, le sport est de plus en plus connu et les gens viennent de loin pour y assister. M. Langevin donne des cours au club Proform de La Prairie tous les samedis à 13h et souhaite en offrir davantage sur la Rive-Sud.

 

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