Les surprises de l’inconscience

Marc Vaïs est un créateur aux multiples talents. Sculpteur sur pierre, ébéniste et peintre, il a aussi touché à l’art du vitrail. C’est sous le chapeau d’artiste-peintre que ce créateur montréalais présente une quinzaine d’œuvres au complexe Saint-Laurent à La Prairie jusqu’au 17 août.

«La plupart datent des années 1990, elles ont donc déjà entre 20 et 25 ans d’âge. Ces toiles n’ont jamais été montrées en public. Presque toutes sont peintes à l’acrylique sur de la toile, montées sur un contre-plaqué. Cette pièce est elle-même montée sur une structure de bois», explique l’artiste.

Cette façon de procéder, selon le peintre, donne un support qui a les «qualités texturales de la toile, tout en ayant la rigidité du bois».

«Cette technique permet un "corps à corps" plus vigoureux entre le peintre et la peinture, ce qui me plaît beaucoup», ajoute-t-il.

Surprise

À travers sa peinture, Marc Vaïs déclare que c’est son inconscient qui s’exprime.

«La peinture est une de ces activités, comme la danse, le jazz, la poésie, où on peut laisser s’exprimer l’inconscient. C’est un moment où il faut lâcher prise, s’amuser sérieusement, et tenter de capter certains miracles qui se produisent à travers nous», explique-t-il.

À travers ce processus de création, l’artiste ne sait pas sous quelle forme se manifestera son travail.

«Quand je peins une toile, je n’ai aucune idée préconçue, aucune notion de ce qui va se produire. La surprise est totale, autant pour le spectateur que pour moi. C’est vraiment comme une improvisation. La toile finale est tout simplement le souvenir visible d’un moment intense vécu par l’artiste», note-t-il.

Date de péremption

L’artiste s’est questionné sur le fait de présenter des œuvres dont la création remonte à presqu’un quart de siècle.

«Une œuvre d’art a-t-elle une date d’expiration? Combien de temps après sa création devient-elle passé date? Ce sont des questions intéressantes», lance-t-il.

Marc Vaïs se demande également si une œuvre d’art doit-elle être considérée uniquement comme un produit de consommation comme semble le dicter le marché de l’art en demandant aux artistes de présenter leurs créations les plus récentes.

«Une œuvre intelligente, sincère et profonde, datant de 10 000 ans, est-elle moins intéressante qu’une création banale, usée et simpliste, mais qui a été pondue il y a trois semaines?», s’interroge l’artiste de 62 ans.

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