Ti-Georges

Par Hélène Gingras
Ti-Georges

Le billet du 6 janvier 2016 d’Hélène Gingras.

Le quatrième pouvoir existe-t-il?

J’éprouve des regrets depuis quelques jours. Pour n’avoir pas été en mesure de saisir toute la grandeur de cet homme de son vivant. De ce grand bâtisseur. C’est aujourd’hui seulement, à la lecture de son bilan politique, que je constate l’ampleur de l’œuvre de Georges Gagné. Que je comprends sa vision d’homme d’affaires qui cherchait l’autosuffisance pour sa population.

À cause de mon âge et du sien, je ne l’ai pas connu à ses premiers balbutiements en politique. Qui allaient tracer la voie à sa longue carrière. Ni toute la petite histoire de Delson. De village devenu ville. J’étais trop jeune.

J’ai assisté plus ou moins consciemment à l’histoire en direct. Sans recul ni perspective. Je m’en rends compte aujourd’hui. J’ai vu le Steinberg remplacer le champ où je faisais du Ski-Doo l’hiver, j’ai fréquenté l’école Louis-Lafortune fraîchement inaugurée…

J’ai côtoyé Georges Gagné sur le tard. À ses dernières années en politique. À cause de mon travail de journaliste au Journal.

Ti-Georges, comme beaucoup de gens de Delson le surnommaient affectueusement, était un fin renard. Un vieux routier de la politique. Qui n’avait plus rien à apprendre. Capable de rallier les gens pour éviter de s’en faire des ennemis.

Au début, il ne m’accordait aucune importance. Ne retournait pas mes appels. Un peu vieux jeu, je crois qu’il ne me prenait pas au sérieux. À moins qu’il ne voulait pas parler à une journaliste recrue. J’étais aussi la première journaliste de sexe féminin ou presque au Reflet à lui poser des questions.

À défaut, j’écrivais dans mes articles que le maire de Delson n’avait pas retourné mon appel. Soit ça a fonctionné ou que la confiance a fini par s’installer entre nous deux. La situation est rentrée dans l’ordre.

Pourtant, je n’ai jamais douté de sa bonne volonté. Ni de sa sensibilité. De son écoute. Même si je sentais qu’il était parfois bousculé par les nouvelles réalités.

J’en ai pour preuve l’élection de la conseillère Nicole Lavoie, aujourd’hui décédée. Je me rappellerai toujours son empressement à me présenter personnellement sa candidate à son entreprise de camionnage. Avec le grand sourire d’un homme qui sait qu’il vient de faire un bon coup.

Dans les mois précédents, j’avais signé un article à l’effet que les femmes étaient sous-représentées en politique municipale. Voire absentes à Delson notamment. Ça n’était pas tombé dans l’oreille d’un sourd…

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