Deux ex-footballeurs professionnels témoignent de leur parcours

Deux ex-footballeurs professionnels témoignent de leur parcours

Bruno Heppell lors d'une conférence au Collège Charles-Lemoyne à Sainte-Catherine le 3 octobre.

Crédit photo : Le Reflet - Denis Germain

Bruno Heppell et Matthieu Proulx ont fait les beaux jours des Alouettes de Montréal, mais leur chemin vers la gloire n’a pas été sans embûches. Invités à s’adresser aux joueurs des Dynamiques du Collège Charles-Lemoyne à Sainte-Catherine le mardi 3 octobre, les deux athlètes ont livré un témoignage sur la résilience et les conséquences de leurs choix.

Ils étaient plus d’une cinquantaine à écouter attentivement les paroles de ceux qui sont aujourd’hui analystes de football à RDS. Depuis cinq ans, les deux joueurs visitent les écoles du Québec pour rencontrer des athlètes scolaires dans le cadre de la tournée «Faites vos choix» de la Fédération des producteurs d’œufs du Québec.

Matthieu Proulx, originaire du Nouveau-Brunswick, a raconté le chemin qui l’a mené au football, de ses débuts en Ontario à son arrivée à l’université, où il «a frappé un mur pour la première fois de sa carrière».

«Je n’étais pas de l’alignement partant du Rouge et Or de l’Université Laval pour le premier match, alors que je croyais être le meilleur. C’est à ce moment que je me suis rendu compte que, tant à l’école qu’au football, on a tous nos limites. C’est quand on en est conscient qu’on commence à travailler plus fort», a-t-il dit.

«Et n’hésitez jamais à aller chercher de l’aide. Il y a toujours des gens autour de nous qui sont là pour nous aider», a-t-il ajouté.

Pour Bruno Heppell, natif de La Prairie, le sport a été sa façon «d’éviter de faire des gaffes».

«C’était ma motivation pour participer aux cours que je n’aimais pas, a-t-il avoué. Je suis allé dans un cégep où il n’y avait pas d’équipes sportives et j’ai décroché. J’ai changé d’école pour me joindre à leur équipe de football et ça m’a remis dans un bon état d’esprit. Je n’ai jamais coulé un cours de nouveau quand je jouais au football.»

Comme Matthieu Proulx, Bruno Heppell a aussi atteint sa limite, lorsqu’il évoluait dans le réseau universitaire américain. Nommé 6e porteur de ballon sur l’équipe (l’équivalent de peu ou pas de temps de jeu du tout), le Laprairien s’est questionné sur sa façon d’entreprendre la suite.

«Je pouvais me dire que l’entraîneur ne m’aimait pas et que c’était de sa faute ou bien je pouvais me demander ce que le premier porteur de ballon faisait pour être meilleur. Je me suis dit que j’allais en faire plus que lui pour monter plus haut», a-t-il raconté.

Éviter les raccourcis

Le choix de persévérer est toujours payant, ont rappelé les deux acolytes, mais les raccourcis pour arriver au sommer le sont moins.

«Si vous prenez des suppléments nutritifs, demandez-vous si vous en avez vraiment besoin, a questionné Matthieu Proulx. Quand tu as une bonne nutrition, tu n’en as pas besoin. Il n’y a aucun effet concret. Tu vas simplement l’éliminer et avoir payé cher pour rien.»

«Prendre un raccourci comme des suppléments achetés sur Internet, c’est inutile. Au secondaire, la vitesse est plus importante que la masse musculaire.»

-Bruno Heppell, ancien joueur de football

Questionnés à savoir si certains d’entre eux prenaient des suppléments ou des boissons énergisantes en vue d’un match, les joueurs des Dynamiques ont été peu nombreux à lever leur main.

«Je sais bien que plusieurs n’ont pas voulu se manifester, a admis de son côté Michel-Pierre Pontbriand, responsable du programme de football du Collège Charles-Lemoyne. Je le vois qu’il y en a de plus en plus qui en prennent.»

Les anciens Alouettes ne sont pas prêts à qualifier la prise de suppléments nutritifs de fléau. Ils soutiennent plutôt que les jeunes sont plus conscientisés qu’avant.

Le sport, un véhicule académique

M. Pontbriand, un ancien coéquipier de Matthieu Proulx avec le Rouge et or de l’Université Laval, était satisfait du message transmis par les deux ex-footballeurs.

«Je suis content, car ça confirme ce que je dis à nos jeunes, a-t-il dit. Le sport est un véhicule efficace et un soutien académique pour rester à l’école.»

Matthieu Proulx lors d’une conférence au Collège Charles-Lemoyne à Sainte-Catherine le 3 octobre.