Personnages de terre et de bronze à la bibliothèque de La Prairie

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Par David Penven
Personnages de terre et de bronze à la bibliothèque de La Prairie

Malgré l’absence de visages, les personnages de la sculptrice Carole Desgagne laissent paraître leurs émotions. Musiciens, sportifs ou autres sont présentés parfois en action, tantôt immobiles, voire en recueillement.

«J’ai fait du ballet classique pendant 10 ans et ça m’habite encore. Je m’en inspire pour donner de l’émotion à mes sculptures par la position du corps ou de la tête. Il y a beaucoup de mouvements chez elles», raconte l’artiste.

«Il y a un côté moderne, puisque mes personnages sont stylisés. Entre autres, certains n’ont pas de bras», ajoute celle qui présente ses réalisations à la bibliothèque Léo-Lecavalier à La Prairie jusqu’au 29 février.

Si quelques-unes de ses créations sont réalisées en bronze, la majorité le sont en argile.

Illusion

Carole Desgagne ne trace pas de croquis avant d’entreprendre la réalisation de ses œuvres, affirmant qu’elles naissent en elle.

«Je les vois dans ma tête», lance-t-elle.

L’emploi de l’argile lui permet de faire passer les émotions au bout de ses doigts, comme elle le dit. La réalisation des sculptures ne semble pas poser de difficultés.

«Il n’y a pas vraiment de technique particulière, affirme-t-elle, sauf pour la cuisson qui s’en suit si je ne veux pas que mes pièces éclatent dans le four.»

Elle n’applique pas de glaçage lorsque vient le temps de donner de la couleur à ses personnages, préférant les peindre. Le glaçage, qui nécessite un deuxième passage au four, ne lui permet pas d’assurer pleinement le contrôle de la coloration.    

«Je peins mes sculptures d’une façon très particulière au point où les gens pensent souvent que mes pièces sont uniquement de bronze ou autres métaux», note celle qui demeure à Ville Mont-Royal.

Rodin

Carole Desgagne est l’un des quatre artistes qui ont été invités à exposer leurs réalisations durant l’exposition Rodin – Métamorphoses au Musée des beaux-arts à l’été 2015.

«J’ai été très flattée. Je n’étais même pas au courant du processus de sélection. Le musée voulait quatre sculpteurs québécois qui travaillent les mêmes matériaux que ceux que Rodin a employés, soit le marbre, la céramique, le plâtre et le bronze. On m’a dit que j’avais été retenue en raison de l’émotion qui se voit dans mes œuvres», souligne-t-elle.

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