Un Laprairien sensibilise cyclistes et automobilistes au partage de la route

Par Katherine Harvey-Pinard
Un Laprairien sensibilise cyclistes et automobilistes au partage de la route
(Photo : Pixabay)

Chaque été, le partage de la route entre automobilistes et cyclistes fait partie des discussions et 2020 ne fait pas exception à la règle. «De plus en plus, la courtoisie est là», affirme le résident de La Prairie Marc St-Onge, qui fait du vélo à La Prairie et Saint-Philippe depuis 10 ans. Il déplore toutefois l’agressivité d’une certaine catégorie de conducteurs.

Au fil des ans, le cycliste a été témoin de toutes sortes de situations. En 2019, lui et ses amis se sont faits agresser par un automobiliste, qui les a attaqués avec une barre de métal. Et tout récemment, il s’est fait envoyer promener par un automobiliste qui venait de passer tout près de le frapper. Le cycliste souhaite donc «remettre les pendules à l’heure».

«Il y a des conducteurs qui nous frôlent, littéralement, soutient-il. Ça passe, ça klaxonne et tu sens presque le miroir te frotter dessus.»

Toutefois, il ne met pas la faute seulement sur les automobilistes.

«Il y a place à l’amélioration» des deux côtés, affirme-t-il. Les gens nous laissent de plus en plus passer aux stops. On dit toujours de gros merci.»

Les routes du Québec

En temps normal, les groupes de cyclistes doivent se suivre en ligne afin de laisser place aux automobilistes, mais l’état des routes du Québec rend la chose difficile.

«Parfois, le “en ligne” est un peu déphasé, en raison du vent et des trous dans la chaussée, explique Marc St-Onge. Avec du vent, on n’entend pas toujours la voiture arriver derrière. Ça ne veut pas dire qu’il faut, parce qu’on est un peu de travers, nous klaxonner et nous frôler.»

Le Laprairien tient simplement à rappeler qu’un accident est vite arrivé et que la seule protection des cyclistes, «c’est le casque qu’on a sur la tête, et ce n’est pas bien gros».

«Si tu tombes dans le fossé à 30 ou 40 km/h, tu peux facilement te casser le cou, rappelle-t-il. Nos vélos roulent vite, ils sont faits pour ça.»

M. St-Onge invite d’ailleurs le gouvernement à faire des accotements plus larges.

«Une fois que tu es sur l’accotement, ce n’est pas dangereux», dit-il.

Une amélioration notable

Le président du Club Lapraicycle, Sébastien Houde, a fait pas moins de 9 000 km de vélo jusqu’à maintenant cet été. De son avis, il y a eu «beaucoup d’amélioration» sur le plan du respect des automobilistes, mais il y a «encore du chemin à faire».

«Il y a 20 ans, jamais les gens ne se tassaient, dit-il. Ils frôlaient, surtout les poids lourds. Maintenant, dans 80% des cas, les gens se tassent et respectent le 1,5 mètre dans les zones de plus de 50 km/h.»

Selon lui, ce sont plutôt les motocyclistes qui ne respectent pas les règles. Encore la semaine dernière, dit-il, il s’est fait couper et frôler par un motocycliste, qui lui a également envoyé du sable au visage. «Un classique», selon M. Houde.

«Ma grande hantise, c’est de me faire happer par quelqu’un qui est en train de texter au volant, mentionne-t-il. Tu ne vois pas ce qu’il se passe derrière et même si tu le voyais, il serait déjà trop tard.»

«Chaque fois que je sors, je prends un certain risque», soutient-il également.

Selon l’agente aux relations communautaires et médiatiques à la Régie intermunicipale de police Roussillon, Geneviève Boudreault, il n’y a pas eu «plus d’appels ou plus de demandes de surveillance» concernant le partage de la route au cours des derniers mois.

Ligne pleine

Sébastien Houde rappelle que les automobilistes ont le droit de traverser la ligne pleine pour dépasser un cycliste.

«Le Code de la sécurité routière l’autorise tant que la manœuvre est faite sans danger», dit-il.

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Bruno
Bruno
1 mois

«Il y a place à l’amélioration» des deux côtés, affirme-t-il. Les gens nous laissent de plus en plus passer aux stops. On dit toujours de gros merci.»
Moi je me suis fait envoyer promener par un cycliste « semi-pro » (kit de spandex) a une intersection (4 arrets ) recemment . Apres avoir fait mon arret, le cycliste semblais penser que 1) l’arret etait facultatif pour lui et que 2) je devais lui céder le passage.